Indicateurs économiques
Les rubriques qui suivent décrivent des indicateurs économiques américains. Les indicateurs utilisés au Canada sont sensiblement les mêmes, quoique leurs dates d’émission puissent différer.
Ventes de voitures et de camions
Il s’agit de la mesure du total des ventes de véhicules fabriqués sur le plan domestique. Ces ventes sont reconnues comme autant d’indicateurs fiables de la demande des consommateurs, puisqu’elles représentent plus ou moins 25% de toutes les ventes au détail. La demande pour des items populaires tels que les voitures et les camions a tendance à varier en fonction des taux d’intérêts disponibles, ce qui fait de l’industrie de l’automobile un indicateur important des cycles d’affaires.
Chaque fabriquant d’automobiles rapporte ses ventes sur une base individuelle. Les rapports de ventes sont habituellement émis au cours des trois premiers jours ouvrables de chaque mois. La consultation des rapports individuels permet d’évaluer le rythme des ventes totales annuelles, une fois pris en compte les facteurs saisonniers du Département de Commerce. C’est en fait à ce rythme de ventes totales annuelles que réfère le marché lorsqu’il est question des ventes mensuelles de voitures et de camions.
Inventaires d’affaires
Le rapport des inventaires d’affaires comprend des statistiques propres aux ventes et aux inventaires en provenance des trois stades de production manufacturière : fabrication, vente en gros et vente au détail. Ceci dit, au moment où le rapport est émis, ses trois composantes de vente et deux de ses composantes d’inventaires ont déjà été rapportées. Dans la mesure où l’inventaire au détail est la seule information nouvelle que contient le rapport, le marché a souvent tendance à l’ignorer.
Parfois, les inventaires au détail fluctueront suffisamment pour modifier l’allure du total des inventaires – une situation susceptible d’influer sur le Produit Domestique Brut. Dans un tel cas, le rapport des inventaires pourra entraîner une réaction minimale sur les marchés.
Les données relatives aux ventes totales, parce qu’elles sont déjà passées, fournissent très peu d’information sur la consommation personnelle. Bien qu’elles représentent un bon indicateur coïncident, le marché se révèle davantage intéressé par les statistiques de projection. Le ratio américain « inventaires/ventes » mesure le nombre de mois qu’il faudrait pour épuiser les inventaires disponible au rythme actuel des ventes. Un ratio i/v bas ou élevé pourra signifier que les fabricants devront augmenter ou réduire leurs volumes d’inventaires, selon le cas. Selon l’importance de la demande financière et la mesure des changements d’inventaires récents qui ont été souhaités ou non, le profil de la production industrielle variera en conséquence. Il importe de retenir que ce type d’information est beaucoup plus utile aux économistes de marché qu’aux autres participants.
Budgets de construction
Le rapport des dépenses reliées à la construction est divisé en trois rubriques : secteur résidentiel, secteur non-résidentiel et dépenses publiques sur constructions nouvelles. Les changements notés sur une base mensuelle sont volatiles et donc sujet à des révisions majeures, ce qui fait du rapport un outil ayant bien peu d’impact. Seules les tendances s’étendant sur trois mois ou plus seront considérées dignes d’intérêt.
Les données propres aux dépenses sont présentées tant en format nominal qu’en format réel (où le taux d’inflation est pris en compte), de manière à ce que les économistes puissent évaluer la composante « investissement » des rapports trimestriels du Produit Domestique Brut.
Confiance du public
Le Conference Board américain se prête, chaque mois, à un sondage de 5,000 foyers en vue d’évaluer le niveau de confiance des consommateurs. Le rapport qui s’ensuit peut se révéler utile à l’occasion, lors de la prédiction de brusques revirements dans les habitudes de consommation, quoique la plupart des changements de peu d’importance ne reçoivent presque aucune attention. Seuls les changements de cinq point ou plus à l’index sont réputés significatifs. L’index se compose de deux sous-index, (1) l’évaluation de conditions actuelles par les consommateurs, et (2) attentes des consommateurs pour le futur. Les attentes des consommateurs comptent pour 60% de l’index total, alors que l’évaluation des conditions existantes occupe les 40% qui restent. L’index des attentes, par définition, est réputé être un indicateur plus fiable que l’index de l’évaluation des conditions.
Index de satisfaction des consommateurs de l’Université du Michigan
L’index Michigan est pratiquement identique à l’index du Conference Board, quoiqu’il soit émis deux fois par mois, après une lecture préliminaire et une lecture finale. L’index se divise également en deux sous-index, soient l’évaluation des conditions actuelles et les attentes des consommateurs, ce dernier étant partie intégrante du sous-index du Conference Board.
Crédit à la consommation
Cette mesure mensuelle de l’état d’endettement des consommateurs est volatile et donc sujette à des révisions majeures. Elle est au surplus émise bien après les autres indicateurs relatifs aux dépenses de consommation, notamment les ventes hebdomadaires de magasins à rayons, les ventes de véhicules, la confiance des consommateurs, les ventes au détail et la consommation personnelle. Pour ces raisons, le marché ne réagit pratiquement jamais au rapport de crédit à la consommation.
Le crédit à la consommation se rattache à trois produits : les véhicules, le « rotatif » (comme par exemple les cartes de crédit), et les « autres ». Dans la mesure où le marché bénéficie déjà d’indicateurs relatifs aux dépenses de consommation totales bien avant que le rapport sur le crédit ne soit émis, il importe peu de savoir quelle portion de ces dépenses a été financée au moyen de l’endettement. Des périodes de fortes dépenses peuvent être accompagnées par une croissance modeste du crédit, et vice-versa – ce qui fait de cet indicateur un coïncident bien peu fiable.
Index des Prix de Consommation (IPC)
L’index des Prix de Consommation est une mesure du niveau de prix rattaché à un ensemble de produits ou de services achetés ensemble par le consommateur. L’IPC est l’indicateur d’inflation le plus rapporté, dans la mesure où on l’utilise pour calculer le coût d’ajustements domestiques dans le cadre de programmes gouvernementaux, de même qu’à titre de COLAs lors de plusieurs contrats de travail privés. On a parfois reproché à l’index de surévaluer le taux d’inflation, puisqu’il ne prévoit pas d’ajustement en fonction de l’effet de substitution et dans la mesure où les ensembles de produits et de services ne tiennent pas compte des fluctuations de prix à la baisse affectant les éléments de technologie de pointe. Ceci dit, et malgré les critiques, l’IPC demeure la principale mesure d’inflation.
L’IPC est susceptible d’être grandement influencé, mois après mois, par un mouvement marqué des prix volatiles des aliments et de l’énergie. Par conséquent, il importe de consulter l’IPC en ignorant les aliments et l’énergie – qui sont considérés comme les principaux responsables de l’inflation. Certains éléments volatiles (et donc scrutés à la loupe) comprennent les vêtements, le tabac, les billets d’avion et les nouveaux véhicules. Au-delà de l’évolution « mois par mois » de l’IPC, le parcours « année après année » de l’index est considéré par la plupart des économistes comme la meilleure mesure du taux d’inflation.
Commandes de denrées durables
Ce rapport mesure le volume, en dollars, des commandes et livraisons de denrées durables (définies comme des biens dont l’expectative de vie est de trois ans ou plus). Les commandes sont considérées comme un indice principal d’activité manufacturière, si bien que le marché aura tendance à évoluer en fonction de ce rapport malgré la présence d’un certain degré de volatilité et le fait que des révisions majeures en font un indicateur bien imparfait. En fait, ces « problèmes » perdent en importance lorsqu’on décortique les commandes, puisque le total indiqué sera souvent faussé par des augmentations disproportionnées de commandes dans les domaines de l’aéronautique et de la défense. Une augmentation concentrée sur un secteur en particulier aura tendance à être ignorée, le marché étant davantage ébranlé par une augmentation généralisée des commandes.
Index du Coût de l’Emploi (ICE)
Depuis son introduction par la Réserve Fédérale Américaine en 1996, l’index du coût de l’emploi s’est petit à petit mérité une place de choix au sein des rapports économiques, tout particulièrement dans le marché des bons et des obligations. Sa nature « retardataire » en fait toutefois un moins bon indicateur de tendances que le relevé mensuel des tarifs horaires. Ceci dit, l’ICE apporte des éléments additionnels à l’analyse, soient une méthode d’ajustement entre les différents emplois d’une industrie, de même qu’un aperçu des coûts reliés aux avantages. Bien que dignes d’intérêts, ces éléments ne modifieront pas l’allure générale des coûts reliés à l’emploi, telle qu’elle est tracée par la compilation des tarifs horaires. De fait, l’ICE reçoit beaucoup moins d’attention lorsque l’inflation des salaires ne représente pas un souci immédiat.
De manière générale, le marché se préoccupe des changements « mois après mois » et « année après année » survenant à trois niveaux : les coûts totaux reliés à l’emploi, les salaires et les bénéfices. Les résultats obtenus sont parfois faussés par l’ajout d’importants bonis de fin d’année dans l’industrie des produits financiers; par conséquent, certains analystes auront souvent tendance à exclure les commissions de ventes de la rubrique « salaires et avantages », de manière à tenir compte de cette réalité.
Le rapport d’emploi
Ce rapport se compose en fait de deux sous-rapports, qui chacun sont rendus à l’issue de deux sondages distincts. Le sondage domestique est une étude d’environ 60,000 ménages ayant pour but d’établir le taux de chômage. Le sondage en établissement est conduit auprès de 375,000 entreprises et compile, entre autres choses, les salaires versés en-dehors de l’industrie agricole, les heures moyennes de travail et les taux horaires moyens. Les deux sondages couvrent la période de paie qui comprend le douzième jour de chaque mois.
Les deux sondages mesurent le niveau d’emploi, mais sous des angles différents. Étant donné la différence marquée entre les échantillons de population sondés (le sondage en établissement s’adresse à un grand nombre d’entreprises, qui elles-mêmes emploient un certain nombre d’individus), il est possible que la mesure d’employabilité varie substantiellement d’un mois à l’autre. Le sondage domestique n’est utile qu’en matière de chômage : il va sans dire que le marché s’intéresse davantage aux données plus exhaustives du sondage en établissement. Une fois réunis, les deux sondages forment le rapport d’emploi, le plus important indicateur mensuel d’activité économique.
Les salaires versés sont considérés par secteurs d’activités, tels que le procédé manufacturier, les mines, la construction, les services et les postes gouvernementaux. Le marché gardera donc un œil sur ces différentes composantes, en ce qu’elles peuvent indiquer des tendances dans un secteur ou l’autre de l’économie; le secteur manufacturier est celui qui reçoit le plus d’attention, dans la mesure où il est la base des cycles d’affaires. Les données comprennent sur surplus les heures travaillées, le temps supplémentaire et les tarifs horaires moyens.
La feuille de travail moyenne (qui fait état des heures travaillées) revêt une grande importance, et ce pour deux raisons. Dans un premier temps, elle constitue un élément essentiel d’indicateurs mensuels tels que la production industrielle et le revenu personnel. Ensuite, on la considère comme un indicateur de conditions de travail : une feuille de travail à la hausse au début d’un cycle d’affaires pourra être un signe avant-coureur d’une augmentation de salaires à l’initiative des employeurs, alors qu’une hausse vers la fin d’un cycle d’affaires pourra signifier que les employeurs éprouvent de la difficulté à trouver une main d’œuvre qualifiée en vue de combler certains postes. Les salaires moyens sont scrutés attentivement en tant qu’indicateurs d’une possible période d’inflation. À l’instar du prix de tout bien ou service, le prix de la main d’œuvre réagira à une politique monétaire trop laxiste. Si le prix de la main d’œuvre grimpe rapidement, l’on pourrait conclure qu’un grand volume de fonds se destine à un trop petit volume de biens – ou, dans le cas présent, d’employés.
Ventes de domiciles
Le nom parle par lui-même : ce rapport offre une mesure du volume de ventes touchant les immeubles résidentiels. On le considère comme un bon indicateur d’activité dans le secteur immobilier. Un relevé des chantiers précède le rapport chaque mois, mais ces chantiers sont un indicateur d’offre plutôt que de demande. Les ventes de domiciles existants précèdent pour leur part l’indicateur clé de la demande en matière résidentielle, les ventes de domiciles neufs – ce qui tend à améliorer la visibilité du rapport. Le volume de ventes dépend fortement des taux hypothécaires, et aura tendance à fluctuer en fonction des changements de taux, après un délai de quelques mois. Le volume de ventes varie également en fonction du volume de demande « refoulé » en matière de domiciles : tout de suite après une période de récession, les ventes seront habituellement nombreuses en raison de la demande qui s’est accumulée au cours de la récession.
L’échantillonnage des domiciles existants est plus vaste que celui des domiciles neufs, ce qui le rend moins susceptibles de révisions majeures. Les deux rapports présentent parfois des revirements radicaux d’un mois à un autre, particulièrement en hiver, lorsque les conditions climatiques peuvent affecter le volume des ventes.
Au-delà des ventes totales, deux autres indicateurs apparaissant au rapport sont dignes de mention : l’inventaire des maisons mises en vente et le prix médian. L’inventaire des maisons en vente au rythme de vente actuel est le ratio inventaires/ventes du secteur de l’immobilier. Par exemple, un résultat de 5.0 indique que l’inventaire des maisons offertes en vente serait épuisé après cinq mois, au rythme de vente actuel. Plus le ratio est bas, plus forte est la demande qui se créée pour les maisons neuves. La variation « année après année » du prix médian constitue un bon indice de l’inflation du prix des maisons.
Commandes manufacturières
Les commandes manufacturières se composent du rapport sur les denrées durables (déjà émis) et des commandes de biens fongibles. Les résultats du rapport sont prévisibles, par définition, puisque les denrées fongibles représentent la seule information nouvelle. Les items fongibles regroupent notamment les aliments et les produits de tabac cultivés mensuellement à un rythme régulier, ce qui explique pourquoi les prévisions apparaissant au rapport qui les concerne sont beaucoup plus précises que celles du rapport sur les biens durables. En plus de garder un œil sur les biens fongibles, le marché demeure à l’affût de révisions dans les commandes de biens durables, qui peuvent se révéler substantielles. À l’heure actuelle, les commandes de biens durables représentent environ 54% du total des commandes.
Un autre type d’information additionnelle apparaissant au rapport sont les inventaires de manufacture – un premier coup d’œil mensuel au profil des inventaires. Les inventaires «de « gros » sont habituellement émis une semaine plus tard; les inventaires de « détail » sont, pour leur part, émis quelques jours après les inventaires de « gros ». Quoique les profils d’inventaires ne constituent pas des indicateurs susceptibles d’influer sur le marché, les économistes les utilisent en vue de prédire les volumes disponibles dans le cadre du rapport trimestriel sur le Produit Domestique Brut.
Produit Domestique Brut (PDB)
Le Produit Domestique Brut est la mesure la plus générale de l’activité économique. Les variations en pourcentage du PDB, comptabilisées annuellement, se traduisent par le rythme de croissance de l’économie dans son ensemble. Les données peuvent être très volatiles, d’un trimestre à l’autre, et tant les mouvements d’inventaires et d’exportations nettes sont susceptibles d’augmenter cette volatilité. Le total final des ventes, qui exclut les inventaires, se révèle parfois utile dans l’identification de tendances naissantes, dans les mesures où les inventaires représentent des biens non vendus; conséquemment, une augmentation massive des inventaires donnera peut-être de l’élan au PDB, mais pourra être interprétée comme une faiblesse du marché plutôt que comme une force. Les principaux éléments du PDB sont la consommation, les investissements, les exportations nettes, les achats gouvernementaux et les inventaires. La consommation demeure sans contredit la composante première du PDB, dans la mesure où elle en constitue les deux tiers (2/3).
Doivent également être pris en compte les facteurs de déflation relatifs au PDB, qui mesurent les variations de prix sur l’ensemble du PDB d’une part, et pour chacune de ses composantes d’autre part. Quoique le l’Index des Prix de Consommation (IPC) soit l’indicateur de choix en matière d’inflation, les facteurs de déflation du PDB sont autant d’instruments de mesure de l’inflation. Contrairement à l’IPC, ils ne sont pas rattachés à des ensembles fixes de biens et de services, si bien que les changements dans les habitudes de consommation, ou encore l’introduction de nouveaux produits et services seront dûment représentés.
Tant à l’égard du PDB que des facteurs de déflation, le marché a tendance à se concentrer sur les changements qui surviennent mois après mois. Les changements mesurés année après année sont soulignés fréquemment, quoiqu’ils ne fournissent pas les indicateurs les plus fiables d’activité économique ou d’inflation. Le marché des bons et des obligations réagit régulièrement au PDB, mais les mouvements de prix demeurent modestes dans la mesure où la plupart des données relatives au PDB sont facilement prédites à l’aide de rapports mensuels portant sur la consommation personnelle, les livraisons de denrées durables, les budgets de construction, les échanges internationaux et les inventaires.
Les rapports trimestriels portant sur le PDB se divisent en trois rubriques : à l’avance, préliminaire et final. Après la révision finale, le PDB ne sera plus révisé avant la date de révision annuelle, au cours du mois de juillet suivant. De telles révisions, le cas échéant, peuvent être majeure et de nature à influer sur les résultats de cinq années antérieures.
Chantiers et permis de construction
Un relevé des chantiers permet de mesurer le nombre d’unités résidentielles dont la construction est amorcée chaque mois. Les chantiers sont réputés débuter avec l’excavation des fondations d’un immeuble, et se composent essentiellement de travaux résidentiels. Les permis de construction confirment l’autorisation de procéder à l’excavation. Une augmentation du nombre de chantiers, et donc du nombre de permis de construction émis, est habituellement notée quelques mois après une réduction des taux hypothécaires. Les permis précèdent l’ouverture des chantiers, mais puisque l’obtention d’un permis n’est pas obligatoire dans toutes les régions du pays, le nombre de permis émis tend à être moins important que celui des chantiers ouverts.
Le rapport national mensuel est divisé selon les régions : nord-est, mid-ouest, sud et ouest. Il est recommandé de bien analyser les données régionales, dans la mesure où celles-ci présentent un haut degré de volatilité, attribuable aux changements climatiques et à certains désastres naturels. Par exemple, un fort volume de pluie dans le sud pourrait retarder l’ouverture de chantiers situés dans cette région.
Production industrielle
L’index de la production industrielle est une mesure fixe de la capacité physique des manufactures, des mines et des services nationaux. La production manufacturière, la plus importante composante de la production totale, peut être prédite avec assez de précision à l’aide du total des heures travaillées en manufacture, qui apparaît au rapport d’emploi. La production de services, par contre, est beaucoup plus incertaine dans la mesure où de vastes écarts sont parfois attribuables aux conditions climatiques : d’importantes poussées de chaud ou de froid peuvent faire augmenter le rythme de production lorsque les besoins en chauffage ou climatisation créent une tendance à la hausse pour les services.
Au-delà de la production comme telle, le rapport mensuel offre également une mesure de la capacité. Quoique le taux de capacité soit considéré comme un indicateur important d’un relâchement de l’économie, le marché n’accorde pas une confiance absolue à cette mesure. La capacité est extrêmement difficile à évaluer, et dans ce contexte la Réserve Fédérale Américaine prend pour acquis que son accroissement, au cours d’une année donnée, suit une ligne droite. Il devient possible de prédire le taux de capacité, à partir du rythme d’augmentation de la production. La marque des 85% est considérée comme une limite clé, au-delà de laquelle une pression inflationniste se fera sentir, mais étant donné les révisions possibles et les difficultés que présent la mesure de la capacité, cette marque devrait être utilisée avec précaution. En pratique, il serait approprié de rechercher des facteurs corroboratifs d’inflation, notamment en analysant le prix des biens de consommation et les livraisons.
Demandes de bénéfices
Ce rapport mesure le nombre de demandes visant l’octroi de bénéfices en période de chômage. Il offre une indication contemporaine, quoique souvent nébuleuse, de l’orientation de l’économie, où une diminution (ou une augmentation) des demandes produites signifie un ralentissement (ou une accélération) du rythme d’emploi. D’une semaine à l’autre, les demandes se révèlent très volatiles, et c’est la raison pour laquelle la plupart des analystes se concentrent sur une période de quatre semaines en vue de déceler des tendances plus stables. Il faudra habituellement un mouvement soutenu d’au moins $30,000.00 dans les demandes avant que l’on ne puisse conclure à un changement du rythme d’emploi.
Le rapport présente deux autres statistiques : le nombre de personnes recevant des bénéfices de l’État et le taux de chômage assuré – ni l’une ni l’autre n’étant suivie de près par le marché. Certains analystes évaluent combien de personnes reçoivent des bénéfices mois après mois, en guise de mesure du taux d’emploi, quoique cette initiative n’ait démontré que des résultats mitigés au niveau de la prédiction du rapport de chômage mensuel. Le taux de chômage assuré, pour sa part, ne varie pratiquement pas d’une semaine à l’autre, et pour cette raison ne constitue pas un facteur d’analyse fiable.
Commerce international
Le rapport de commerce reçoit une attention soutenue au niveau des tendances du marché global des échanges. Les tendances apparaissant dans le cadre des importations et des exportations de biens et de services sont également scrutées à la loupe. Les données propres aux exportations, en particulier, devraient être considérées en vue de déceler si une position compétitive locale et/ou des économies étrangères en croissance sont susceptibles d’imprimer un élan à l’économie américaine. Les importations, pour leur part, sont autant d’indicateurs de la demande locale – mais étant donné le retard que prend le rapport à être émis par rapport à d’autres indicateurs de consommation, elles n’offrent guère de fiabilité.
La volatilité des mesures de mouvements de commerce mensuels peut jouer un rôle important au niveau des prévisions du PDB : les exportations nettes sont une composante relativement volatiles du PDB, et le rapport de commerce est le seul à présenter des indices avant-coureurs de la performance des exportations, à chaque trimestre.
Indicateurs principaux
Le rapport d’indicateurs principaux est essentiellement un amalgame des indicateurs déjà considérés sur une base individuelle : les nouvelles commandes, les demandes de bénéfices, les stocks d’argent, les semaines moyennes de travail, les permis de construction et le prix des inventaires. Par conséquent, il est extrêmement prévisible, et donc de peu d’intérêt pour le marché. (On lui reproche d’ailleurs d’avoir prédit « neuf des six » dernières récessions.)
Le Département du Commerce a récemment procédé à la privatisation du rapport portant sur les indicateurs principaux. La cueillette et la publication des informations qui le composent sont désormais assurés par le Conference Board, un organisme à but non lucratif qui publie déjà l’index de la confiance du public.
M2
Les données relatives aux stocks d’argent, tout particulièrement le M1, ont déjà été les informations les plus convoitées au sein du marché du Trésor, dans la mesure où la Réserve Fédérale Américaine s’est concentrée directement sur l’accroissement du M1 dès le début des années 1980. Cet entrain vis-à-vis des stocks d’argent a par contre été abandonné. Si les stocks d’argent demeurent sous surveillance des marchés, le standard M2 est devenu la règle. La Réserve Fédérale continue è surveiller le M2 et le M3 sur une base rhétorique, mais il est convenu que ces standards reçoivent peu d’attention au moment de la mise en œuvre de politiques. Si la Réserve Fédérale n’atteint pas l’un de ses objectifs, elle changera ses objectifs et non ses politiques. Ceci dit, l’évolution du M2 étant devenue plus facile à prédire à compter de 1994, certains décideurs de la Réserve Fédérale gardent un œil sur les mouvements du M2. Des tendances à moyen et long terme seront donc parfois décelées, la volatilité des mouvements hebdomadaires n’ayant que peu d’impact sur le marché.
NAPM : National Association of Purchasing Managers
Le rapport NAPM est un sondage national des gestionnaires d’achats, couvrant des indicateurs tells que les nouvelles commandes, la production, le taux d’emploi, les inventaires, les délais de livraison, les prix, les importations et les exportations. Des index correspondent à chacune de ces catégories : un résultat supérieur à 50% suggérera une phase d’expansion par rapport au mois précédent, alors qu’un résultat en-deçà de 50% sera plutôt indicatif de contractions.
L’index général est calculé sur la base d’une moyenne des cinq sous-index suivants (dont l’importance est indiquée entre parenthèses) : nouvelles commandes (30%), production (25%), emploi (20%), livraisons (15%) et inventaires (10%).
Le NAPM, qui précède habituellement le rapport d’emploi, est l’une des premières publications économiques exhaustives du mois. Bien qu’il ne vise que le secteur manufacturier, le rapport fournit souvent des indices fiables quant à l’orientation de publications subséquentes. En période d’inflation, les prix payés et les index relatifs aux livraisons déterminent souvent la réaction du marché des bons et des obligations vis-à-vis du rapport.
Ventes de nouvelles maisons
Ce rapport indique le nombre de nouvelles résidences unifamiliales vendues et mises en vente. Les ventes de nouvelles demeures se produisent habituellement après des variations des taux hypothécaires. Elles ont également tendance à être plus nombreuses au début du cycle d’affaires lorsque la demande « refoulée » est importante, puis à décliner plus tard au cours du cycle, au fur et à mesure que la demande s’épuise. Au-delà des ventes de domiciles, le marché surveille le nombre de maisons mises en vente, de même que le rythme des ventes. Lorsque la mesure de cet inventaire augmente (ou diminue), le nombre de chantiers diminue (ou augmente). En dernier lieu, le prix médian des maisons représente un bon indicateur d’inflation dans le domaine immobilier, quoique seuls des variations « année après année » seront considérées significatives.
Parce que le rapport des ventes de domiciles est très volatile et qu’il est sujet à des révisions massives, les résultats mensuels ne sont que très peu fiables. Il est rare que le rapport entraîne une quelconque réaction sur le marché – qui préfère s’en remettre au rapport des domiciles existants, qui utilise un échantillonnage quatre fois plus vaste et est émis plus tôt au cours du mois.
Revenu personnel et consommation
Le revenu personnel s’attache aux entrées d’argent de toutes provenances. La plupart des revenus proviennent des salaires et gages, qui peuvent être évalués à partir des données relatives à la paie et aux avantages apparaissant au rapport d’emploi. D’autres catégories de revenus entrent en ligne de compte, dont entre autres les revenus locatifs, les subventions gouvernementales, les revenus d’intérêt et les dividendes. Le revenu personnel constitue un bon indicateur de la demande de consommation, sans toutefois être parfait. Des périodes de récession apparaissent généralement lorsque les consommateurs réduisent leurs dépenses, ce qui freine la croissance du revenu. L’observateur qui se limiterait à la mesure du revenu manquerait donc le point tournant où les consommateurs cessent de dépenser.
Le rapport comprend une section axée sur les dépenses personnelles de consommation (personal consumption expenditures) Cet index se compose de trois éléments : bien durables, bien fongibles et services. Le rapport de ventes au détail offrira un survol satisfaisant des biens durables et fongibles; les achats de services, pour leur part, tendent à augmenter à un rythme régulier, d’où une prévisibilité relative du rapport (qui est considéré avec beaucoup moins d’assiduité que le rapport des ventes au détail).
PPI : Producer Price Index
Le PPI mesure le prix des biens au niveau de la vente en gros. L’index se divise en trois catégories : brut, intermédiaire et fini. Le marché accorde une attention tout particulière à l’index des produits finis, dans la mesure où il évalue le prix de produits qui sont prêts à être vendus au consommateur. Le prix des biens qui en sont au stade brut ou intermédiaire de la production constitue parfois un indicateur d’éventuelles pressions inflationnistes ou désinflationnistes.
À tous les stades de la production, le marché se concentrera sur un index ne tenant pas compte des aliments et de l’énergie, communément appelé le core rate. Le prix des aliments et de l’énergie présente une volatilité élevée, et pour cette raison rend fort difficile l’établissement de tendances vis-à-vis du taux d’inflation. Bien que la réaction du marché dépende essentiellement de changements survenant un mois après l’autre, les changements « année après année » sont également pris en compte par les analystes. L’index ne fait pas l’objet de révisions mensuelles; par contre, des révisions annuelles attribuables à des ajustements saisonniers sont susceptibles d’entraîner des modifications mineures aux données précédentes.
Productivité et coûts
La productivité et les coûts des secteurs non agricoles offrent une mesure de la productivité de la main d’œuvre et des coûts associés à la production d’unités individuelles. En période d’inflation, l’index du coût de la main d’œuvre, compris au rapport, peut entraîner une réaction du marché. Si la productivité décroît, le coût de la main d’œuvre peut augmenter plus rapidement que les tarifs horaires et d’autres investissements similaires. Parce que la productivité peut se révéler fort volatile d’un trimestre à un autre, et aussi parce que le rapport sur PDB, déjà émis, est en soi un bon indicateur d’accroissement de la rentabilité, le rapport n’a qu’un impact minimal sur le marché.
En sus du rapport préliminaire, une révision des données relatives à la productivité est émise au cours du troisième mois de chaque trimestre. À l’instar du rapport préliminaire, les données se rapportant au PDB, et émises avant celle ayant trait à la productivité, sont un indicateur fiable de la teneur des révisions à venir.
Sondages régionaux relatifs à la fabrication
Il existe divers sondages régionaux relatifs à la fabrication, qui sont généralement classés en fonction de leur date d’émission et de l’importance de la région qu’ils visent. Le sondage Philadelphia Fed est le premier à être émis chaque mois – il est en fait disponible au cours de la troisième semaine du mois qu’il analyse. D’autres sondages de moindre importance sont ensuite émis, puis vient en dernier lieu le rapport du Chicago Purchasing Manager, rendu public le dernier jour de chaque mois. Certains sondages, dont entre autres l’Atlanta Fed et le Richmond Fed, sont libérés après la publication du sondage NAPM, et sont donc de peu d’intérêt. Les rapports du Purchasing Manager retiennent les mêmes barèmes que le sondage NAPM : 50% marque la limite de rentabilité entre des secteurs manufacturiers en expansion et en contraction. Pour les index Philadelphia Fed et Atlanta Fed, zéro (0) est la limite de rentabilité.
De tels sondages peuvent être utiles en vue de la prédiction de la teneur du sondage NAPM, tout particulièrement les sondages de Philadelphie et de Chicago, qui sont émis à des périodes clés et visent des régions d’importance où les activités manufacturières sont représentatives de l’économie nationale.
Ventes au détail
Ce rapport mesure les recettes totales enregistrées par les magasins au détail. Les variations de ventes au détail sont suivies scrupuleusement, en tant qu’indicateur principal des habitudes de consommation de la clientèle. Les ventes au détail excluent généralement les achats de véhicules automobiles, dans la mesure où ceux-ci sont susceptibles de varier grandement d’un mois à l’autre. D’autres domaines d’intérêt sont sans contredit les aliments et l’essence, où des variations du volume de ventes sont souvent attribuables à des changements de prix plutôt qu’à une réorientation de la demande des consommateurs.
Les ventes au détail peuvent se révéler très volatiles, et les rapports devancés peuvent donc faire l’objet de révisions majeures. Les ventes au détail ne comprennent pas les dépenses associées aux services, qui représentent pourtant plus de la moitié de la consommation totale. Les données touchant la consommation personnelle totale ne sont pas disponibles avant l’émission des rapports de revenu personnel et de consommation, qui a lieu généralement deux semaines après celle du rapport des ventes au détail.
Budget du Trésor
Le rapport mensuel de budget du Trésor regroupe des données qui suivent des mouvements saisonniers importants susceptibles d’entraîner, mois après mois, des fluctuations au niveau du déficit. De telles fluctuations ne nous apprennent pratiquement rien en ce qui a trait à d’éventuelles tendances à long terme. Si le marché tient compte des données mensuelles propres au Trésor, il se concentrera essentiellement dans les variations annuelles de dépôts et de mises de fond, puisque les données ne font pas l’objet d’ajustements saisonniers. En fait, ce n’est qu’en avril, le mois où d’importants montants d’impôts sont acheminés au Trésor, que le marché accorder toute son attention au rapport. Les données peuvent être prédites avec une certitude relative, au moyen des chiffres apparaissant quotidiennement aux énoncés du Trésor (Treasury Statement).
Ventes hebdomadaires en magasin
La date d’émission des sondages privés relatifs aux ventes correspondent aux dates officielles d’embargo. En pratique, par contre, les rapports sont transmis aux souscripteurs bien avant ce moment, et sont habituellement divulgués au reste du marché avant la date officielle. Mitsubishi, par exemple, entre sur le marché à 8 :00 (heure de l’est), alors que le sondage Redbook est généralement disponible vers 14 :15 (heure de l’est).
L’index des ventes de produits Mitsubishi est fondé sur un échantillon représentatif de neuf détaillants majeurs, et mesure les ventes sur une base hebdomadaire. L’index est relativement volatile d’une semaine à l’autre, et par conséquent ne dit pratiquement rien à dire à propos d’habitudes générales de consommation. Mitsubishi émet également un compte-rendu mensuel de ventes, qui permet de prédire plus efficacement certains éléments du rapport des ventes au détail (particulièrement les vêtements et les marchandises courantes).
Le sondage LJR Redbook regroupe chaque semaine quinze magasins au détail, en vue de déterminer les changements survenus au niveau des ventes. Le rapport couvre une période « mois à date », où la première semaine d’un mois est comparée au mois précédent, la deuxième semaine compare les deux premières semaines du mois au mois précédent, et ainsi de suite. Le sondage Redbook permet de prédire assez efficacement les ventes de magasins à rayon, parallèlement au rapport mensuel de ventes au détail.
Commerce au prix de gros
Le rapport de commerce au prix de gros comprend des statistiques sur les ventes et les inventaires, au cours du second stade de la production manufacturière. Les résultats obtenus, parce qu’ils ne disent pratiquement rien de la consommation personnelle, n’ont aucun impact sur le marché.
Les inventaires de gros fluctueront parfois suffisamment pour modifier le profil des inventaires totaux (l’ensemble des inventaires aux niveaux de la production manufacturière, de la vente en gros et de la vente au détail), qui à son tour pourra affecter l’allure générale du PDB. Dans un tel cas, les inventaires entraîneront une réaction minimale sur le marché. La plupart du temps, par contre, ce rapport passe inaperçu, à moins que quelque économiste s’y intéresse.
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